mercredi 26 octobre 2016

LA POSTURE ET L’ASSISE : UN PROCESSUS INITIATIQUE (1)

Après re-lecture de ceux-ci, j'ai décidé de publier à nouveau quelques articles parus sur mon ancien site. Vous avez déjà pu relire celui parlant du centre de gravité. En voici d'autres...





Dans les arts martiaux ainsi qu’en Qi gong, il existe un paradoxe : «  Si tu veux bouger, apprends d’abord à t’assoir ! ». Voilà bien une contradiction (apparente, heureusement) qui laisserait n’importe quel novice profondément perplexe. Qu’est-ce que le fait de s’assoir pourrait bien apporter à notre capacité motrice ?
Nous avons tous entendu les histoires de disciples recevant l’ordre de leur maître de rester dans une posture pendant plusieurs heures, exposés aux éléments. Mais à quoi cela servirait-il ? Certains disent que c’est pour tester la motivation du jeune élève. Pourquoi pas, mais est-ce la seule raison ?
S’assoir et prendre la posture est d’une telle difficulté que cet exercice pourrait occuper une vie entière.




Mais plus qu’un exercice, il s’agit d’un processus que je qualifierai d’initiatique. La définition du mot ‘ processus ‘ donnée par Wikipédia me semble intéressante : « ensemble d'activités corrélées ou interactives qui transforme des éléments d'entrée en éléments de sortie ».
Nous y trouvons la notion de transformation c’est-à-dire d’aller « au-delà / trans- » de la « forme ».
Cela nous fait immédiatement penser à l’alchimie et un de ses axiomes résumé par le mot VITRIOL qui signifie Visita Interiora Terrae Rectificandoque Invenies Occultum Lapidem (Visite l'intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée).




Le vitriol étant aussi un acide sulfurique extrêmement puissant dans sa capacité de dissolvant. Mais attention lorsque nous parlons ici du Souffre, il s’agit d’un principe (une cause première) et non pas de matière « grossière ». Le Souffre (avec un grand ‘S’) représente un feu qui imprègne toute matière. Il est le noyau organisateur. L’esprit ou la conscience serait sa correspondance en nous. Lui sont associés deux autres principes : le Mercure et le Sel.
Assurant le lien entre le Souffre et le Sel, le Mercure de par sa fluidité est apparenté à la « psyché », élément très mobile de notre constitution humaine.
Et enfin apparaît le troisième principe, le Sel, qui apporte la fixité et représente notamment la corporéité, la minéralisation.




Au début de cet article, nous avons aussi parlé « d’initiation ». Aujourd’hui lorsque nous parlons d’initié, nous pensons à un maître ou à un sage ayant parcouru le chemin et qui a terminé sa quête ou en tout cas qui est bien avancé sur la voie. Mais voilà, un être qui est arrivé au bout du chemin alchimique et donc initiatique (voir ci-dessous) est appelé un Adepte ! L’initié est celui qui a été introduit au niveau où il se trouve. Mais il a encore tout le travail à fournir pour passer au niveau suivant c’est-à-dire pour être initié à ce prochain échelon.
La particularité de l’initiation et donc de l’alchimie qui est une voie initiatique est la présence de la mort. Le processus initiatique plonge donc chaque particule dans la mort conduisant à la renaissance.
Au contraire de l’évolution basée sur le mécanisme de complexification, le processus initiatique est une opération de dépouillement reconduisant l’opérateur à l’origine de lui-même et engendrant une expansion de conscience.




Mais quel rapport avec la posture et l’assise me direz-vous ?
À l’image du phénix renaissant de ses cendres, chacun de nous peut par l’assise dans la posture entrer dans cette démarche de transmutation.
Loin d’être passif, le pratiquant effectue dans la posture, le mouvement le plus total qu’il soit. En effet, il lui est demandé de bouger dans six directions en même temps (haut-bas, gauche-droite, avant-arrière). Dans ce but, une opération sur lui-même doit être menée.

À suivre…

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