vendredi 21 octobre 2016

LE CENTRE DE GRAVITÉ, UN PAS VERS LE NON DUEL



 Si tous les mouvements du corps humains se déroulent sur un des trois plans (frontal, horizontal, sagittal) voire sur deux ou les trois plans en même temps, ils s’appuient tous sur le positionnement du centre de gravité (encore appelé centre de masse). La position de ce centre (pouvant être à l’intérieur comme à l’extérieur du corps) varie en fonction des gestes effectués avec les membres et détermine notre stabilité. L’équilibre postural existe tant que le centre de gravité « tombe » dans la surface de sustentation (aire déterminée sur les côté par l’extérieure des pieds, comprenant l’espace entre ceux-ci et avant - arrière par les pointes et talons).




 
Mais voilà, alors que le centre de gravité d’un corps humain placé dans la position anatomique se situe plus ou moins en avant et à hauteur de la deuxième vertèbre sacrée, si vous ouvrez l’abdomen pour découvrir ce point, vous ne le trouverez pas. Ce point n’est qu’un concept. Matériellement, il n’existe pas. Un sacré paradoxe ! Dans l’approche du mouvement et donc de l’équilibre, pouvoir situer son propre centre de gravité (et celui du partenaire dans le cas des arts martiaux ou autres comme la danse par exemple) est capital. Et pourtant si vous cherchez à saisir ce point, c’est impossible.
Alors quoi ? Que faire avec ce non-sens ?




La Biodynamique sensorielle propose d’utiliser cette contradiction comme outil d’approche de soi. Comment ? Tout simplement en la reconnaissant et en la transposant au niveau de l’attention. Le centre de gravité et tout ce que nous voyons (matériellement, comme les images mentales) sont des concepts. Ce n’est pas réellement nous mais des manifestations et des reflets. Cependant lorsque nous portons notre attention vers notre centre c’est-à-dire vers nous-mêmes que voyons-nous ? Rien ! Absolument rien ! Pourtant ce « rien » n’est pas vide. Nous y sentons une présence : notre présence.






Ce rien / présence fait de nous, dans notre intimité, un espace d’accueil pour les événements et nos semblables. Alors que toutes nos actions s’appuyaient sur un point « physique » indispensable, notre vie devient une création permanente sans centre. Et le miroir alors ? Ce que nous voyons dans un miroir, c’est un reflet, une image. Ce n’est pas nous !
Pourtant l’univers continue à se déployer devant nous et nous nous sentons toujours une petite personne perdue dans cette immensité. Et lorsque nous nous retournons vers le rien / présence que nous sommes aussi, une autre immensité se révèle. Une double dynamique caractérise notre fonctionnement. D’un côté nous sommes une petite personne se débrouillant pour perdurer dans la vie quotidienne et d’un autre côté nous sommes. La clé est d’arriver à installer une double attention : en même temps être tourné vers l’extérieur et vers l’intérieur. Mais il n’y a pas deux mondes. Notre intimité révèle l’unité de toutes choses. C’est une question de regard. Voyons nous ce qui est ou bien ce que nous « pensons » ce qui est ? Pensons-nous être quelqu’un ou voyons-nous ce que nous sommes ?
En regardant le monde, nous sommes tout. En retournant ce regard vers nous-mêmes, nous ne sommes rien. Et comme un funambule nous marchons sur le fils de la conscience entre ces deux espaces, centrés sur notre point d’appuis : le centre de gravité.



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